CAPSULES HISTORIQUES

Les deux blockhaus de la Rivière Yamaska

Le «Upper Blockhouse» Saint-Césaire (3)

C’est en octobre 1780, que l’on voit pour la première fois l’intention de l’état-major anglais de trouver un endroit propice dans le haut de la rivière Yamaska au-dessus des rapides pour y bâtir des postes et y faire des dépôts de provisions en cas d’y envoyer des soldats par la suite.

C’est certainement à partir du blockhaus de Saint-Hyacinthe que tout s’articule pour réaliser ce nouveau projet. Ceci demande de la main-d’œuvre, alors sans doute que les miliciens de Saint-Hyacinthe ont été mis à contribution pour aider les loyalistes travaillant au projet. Ceci amène beaucoup de travail au petit village de Saint-Hyacinthe. La construction d’une nouvelle route qui reliera les deux blockhaus sera aussi un élément fort important pour le développement futur de notre région.

Le rapport que l’ingénieur Twiss va remettre à Haldimand le 5 mars 1781 est pour nous, des plus importants, car il décrit la situation du blockhaus et la distance entre les deux blockhaus et la distance avec St-John (tout probablement l’autre blockhaus situé en face de Saint-Jean aujourd’hui Iberville) et il affirme avoir remis au capitaine Fraser un plan et un « memorandum » pour la construction de ce blockhaus. Malheureusement, je n’ai pas trouvé ce plan aux Archives nationales du Canada.

Sorell March 5th 1781

Sir,

«...The situation proposed is very advantageous being on the west shore, at the foot of the rapids, on a rising ground, which is about 30 feet above the level of the ice and higher than any part of the adjacent country: just under it is a small island called Isle à l’Aille, which I judge contains about six acres and is from 7 to 10 feet above the ice: all the loyalist agree that this spot is the best land they have seen in Canada and may therefore be used of a garden for the post and the men will clear it in the spring for that purpose: in the mean time they are preparing some excellent timber for the blockhouse and will continue to do so and to clear the woods for a distance of 250 yards from the post, until the season permits them to dig the cellar. (Which I propose shall be proof against small shells) and to proceed with the other works necessary for forming the whole into a permanent advanced post, the plan of which together with the memorandum…»


Comme nous venons de le constater, Twiss ne nous donne pas beaucoup de détails sur l’architecture du blockhaus. Nous devons donc nous référer à l’historien Isidore Desnoyers qui comme il le dit si bien a consulté « la mémoire des vieux » de Saint-Césaire vers 1850. Antoine Gagné dit Bellavance, Léonard Frambes et Thomas Harris sont des témoins privilégiés. Ils seront les premiers colons à défricher des terres juste en face du blockhaus. Léonard Frambes possédait même un moulin à scie à cet endroit vers 1786 environ.

Voici comment le curé Desnoyers nous renseigne sur le blockhaus de Saint-Césaire :

« Le haut de la future paroisse de St-Césaire était alors considéré comme le poste le plus voisin des limites entre les deux puissances belligérantes. Dans ces quartiers un endroit parut propice à l’érection d’un fort semblable à celui de St-Hyacinthe. À environ sept lieues en amont du sus dit fort, une seconde redoute fût bâtie; on y mit une garnison de 25 à 30 soldats, sentinelles avancées, chargées de faire le guet, flairer le Bostonnais, ou de surveiller et d’arrêter les déserteurs des autres garnisons établies à Chambly, Montréal, etc. Ce petit fort, ou redoute, était bâti sur la terre occupée plus tard par Pierre Charon et aujourd’hui par son fils Louis Charon, entre le chemin actuel et la côte ouest de la rivière, à 50 arpents plus haut que le futur village de St-Césaire. C’était un édifice grossier, sombre et lugubre, d’environ 30 pieds carrés, d’autres disent 36 x 24 pieds, construit en « logs » adaptés pièces sur pièces et lambrissés. Dans cette construction, on avait simulé l’art des fortifications militaires. On y avait pratiqué, tout autour, une large et profonde tranchée, ayant son pont-levis en règle. De long pieux, plantés en talus, partaient de la base et s’élevaient en s’écartant graduellement des pans extérieurs de l’édifice.»

Nous connaissons donc aujourd’hui l’emplacement de cet édifice historique. Des fouilles archéologiques permettraient certainement de retrouver les fondations de ce blockhaus et beaucoup d’artéfacts. Pour en savoir plus, concernant les blockhaus de la rivière Yamaska, voir :

Bachand, Gilles Chronique des événements survenus au lieu-dit des « blagousses » les Blockhaus de la rivière Yamaska : Saint-Hyacinthe et Saint-Césaire 1776-1785, Société d’histoire des Quatre Lieux, 2004, 75 pages. Disponible à la SHGQL.


Gilles Bachand

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