CAPSULES HISTORIQUES

Le patrimoine architectural des Quatre Lieux : Les moulins à eau

Le moulin de Nelson McArthur de Rougemont (2ième partie)

L’autre élément indispensable de notre moulin, ce sont les meules. Les meules étaient de silex ou de granit. Celles en silex duraient jusqu’à cent ans. La meule de silex servait surtout pour le blé, car elle faisait de la farine plus fine. Celle de granit n’allait pas si bien, elle était bonne pour le maïs, l’orge et l’avoine.

Les moulins exploités sous le régime français, utilisent une technique importée de la France et adaptée à notre climat. En 1750, on retrouvait 150 moulins à farine dont un bon nombre de ceux-ci exportaient leurs produits aux Antilles françaises. En 1787, Alexander Davidson rapportait au « Office of Trade of Plantations » que la farine qui était faite dans la province par les vieux moulins français était de mauvaise qualité et impropre à l’exportation, particulièrement pour les colonies des Indes. Néanmoins, le nombre de moulins suivra la courbe démographique et ira en croissance jusqu’au milieu du XIXe siècle, époque ou on peut supposer une moyenne d’un ou de deux moulins par village.

Faisons maintenant un petit historique de ces moulins qui se sont succédés sur la terre de M. Nelson McArthur à Rougemont.

1810

Le seigneur Pierre-Dominique Debartzch fait ériger par Jean Barbeau, constructeur de moulin, un moulin à scie sur le versant sud de la montagne de Rougemont, un peu au-delà de l’église anglicane actuelle. Ce moulin prend sa source motrice d’une petite source, déversant son eau au moyen d’un dalot artificiel, faisant mouvoir le moulin. Ce bâtiment sera détruit par le feu quelques années plus tard.

1814

Ce même Jean Barbeau qui au dire du curé Desnoyers est un homme « intelligent, ingénieux, habile à manier la parole, quoique simple artisan et d’une éducation médiocre » construit de nouveau un moulin à scie au même endroit et il y ajoute un moulin à farine mû par le même pouvoir hydraulique.

1816

Encouragé par le fonctionnement des deux moulins existants et par le soutien de Debartzch, Barbeau entreprend la construction d’un moulin mû par la vapeur et propre à scier et à moudre le grain. C’était toute une innovation pour l’époque.

1817

En septembre, les moulanges sont mises en opération et la scierie l’année suivante. Ce « moulin à steam » qui héberge Jean Barbeau et son épouse devient le lieu de rencontres des commerçants, des spéculateurs, des colons et du seigneur P.D. Debartzch qui y signe plusieurs contrats d’affaires, comme nous l’avons vu précédemment.

1822

Le meunier Jean-Baptiste Bousquet de Saint-Césaire succède à Jean Barbeau.

1831

Malheureusement en 1831, les moulins et les dépendances périssent par le feu, ce qui arrivait souvent à cette époque. On reconstruit donc un moulin à scie plus petit à cause de la concurrence et quelques années plus tard un moulin à farine, en aval de la scierie. C’est le moulin qui existe aujourd’hui.

Par la suite Samuel et Stephen Andres devinrent propriétaires des moulins.

1858

Le 12 avril 1858, John Standish achète de l’honorable Lewis-T. Drummond et de dame Josephte-Elmire Debartzch son épouse et fille aînée de P.D. Debartzch, « un moulin à farine, un moulin à scie, maison, grange et autres bâtiments ». Il y avait aussi un verger sur cette terre.

1870

John Standish agrandit la maison mentionnée plus haut.

1876

Vers 1876, le moulin à scie cesse ses activités.

1878

John Standish lègue à son frère James, la terre et les bâtiments.

1905

Le 19 septembre 1905 James fait un acte de donation à ses deux fils, James Nelson et Edward Payne (à chacun la moitié non divisée).

1909

Le moulin à farine devient inopérant.

1933

Le 14 janvier, donation par James Nelson Standish à Mlle Aline Estella Standish (Mme John McArthur). Lors du décès de celle-ci, il y aura une répartition entre John, son mari et Nelson, son fils.

Puis par succession, Edward Payne Standish lègue à Ethel Standish.

1961

Cette partie de la terre fut rachetée par M. Nelson McArthur, le propriétaire actuel du Moulin.

Depuis quelques années, les bâtiments de M. Nelson McArthur servent comme décors, lors de productions cinématographiques.

2003

Dans son nouveau plan d’urbanisme, la municipalité de Rougemont indique que les bâtiments de M. McArthur sont inclus dans une zone patrimoniale.

Gilles Bachand

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© Archives de la SHGQL
Vieille meule du moulin McArthur

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M. Nelson McArthur devant son moulin



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