CAPSULES HISTORIQUES

Au temps des bateaux à vapeur sur la rivière Yamaska (1ièrepartie)

Pendant plusieurs décennies, à la fin du XIXe siècle, ce moyen de transport fut utilisé par les voyageurs et aussi pour la marchandise entre Saint-Hyacinthe, Saint-Pie, Saint-Damase et Saint-Césaire. Laissons à la plume de monseigneur C.P. Choquette l’auteur de l’Histoire de la ville de Saint-Hyacinthe, nous raconter quelques récits concernant ce moyen de transport.

« Un condisciple des anciens professeurs du Collège avait jadis tenté l’aventure, vers 1840. Son petit navire, qualifié Tranquille parce qu’il bougeait peu ou presque, finit par prendre son titre au vrai et s’immobilisa pour toujours dans le port de Saint-Césaire, où il avait pris naissance. »

«  Cette fois l’entreprise est sérieuse. MM. Cartier, J-A. Dessaulles, Sicotte, Leclère, Fr. Lemay, Barnes, réunis en syndicat, achètent, à Montréal, une coque dans laquelle M. Pierre Solis, fondeur, dirigé par M. Patrice Blanchard, ingénieur-arpenteur, s’engage à placer une machine à vapeur, de façon à compléter un « steamboat » de 30 tonneaux. Le lancement, en grande cérémonie, eut lieu le 11 mai 1851 et le premier exploit, chaudement applaudi, fut le transport, en groupe, des membres de l’Institut des Artisans de Saint-Hyacinthe, désireux d’aller saluer leurs confrères de Saint-Césaire. Au début, le bateau avait nom Yamaska, mais acquis, à la suite d’insuccès immérités, par son capitaine, M. Michel Gaudette, il prit le nom de son maître et le conserva jusqu’à sa défection finale, vers 1858, dans le port de Saint-Césaire où son prédécesseur avait pareillement trouvé sa fin. »

On retrouve dans le livret : Famille Alexis Reau Petites notices biographiques et généalogiques, les notes suivantes : La cloche du Yamaska fut achetée par la paroisse de Saint-Angèle de Laval (Nicolet); elle fut la première cloche de l’église. Lorsque la fabrique acquit un beau carillon en 1878, on vendit la petite cloche aux Frères des Écoles chrétiennes de Saint-Grégoire, (Nicolet) pour la modique somme de vingt piastres.

« Autre entreprise de navigation sur l’Yamaska tentée par M. Aimé Kéroack avec l’approbation – exprimée en assemblée publique tenue à l’Hôtel de Ville le 5 janvier 1868 – de MM. P. Bachand, M.P.P., L. Delorme, Honoré Mercier, L. Taché, J.-B Bourgeois, H. Blanchard, J.-A. Chicoine, T.-A. Bernier et de plusieurs autres notables citoyens qui « invitent cordialement les paroisses environnantes, intéressées dans l’entreprise d’un bateau à vapeur…, à prendre part au mouvement et à le favoriser par leurs contributions. » Les paroisses de Saint-Pie, de Saint-Césaire répondent aussitôt. Mille dollars, prélevés par souscriptions publiques, seront offerts prochainement au promoteur du projet de navigation. « qui s’est décidé à y consacrer une partie de sa fortune » et que le Séminaire encourage en lui donnant droit de quai sur sa propriété d’en haut. Vers la fin de l’année, la construction du premier vapeur, « digne de ce nom », est presque terminée. La charpente est gigantesque. L’« engin », fabriqué par la maison Beauchemin, de Sorel, sera mis en place au cours de l’hiver et la navigation s’ouvrira l’été prochain, sous les auspices plus prometteurs que jamais. A vrai dire, ces espérances étaient fondées, car le Notre-Dame était grand et puissant. Le Notre-Dame est lancé le 27 août 1869 devant environ 4000 personnes venues assister à son premier départ. La bénédiction est donnée par l’abbé Lecours curé de la paroisse Notre-Dame.

Quelques jours après le lancement, le 10 septembre 1869, il fit le voyage de Saint-Césaire. « Il y avait près de 150 personnes à son bord; ce qui ne l’a pas empêché de faire le trajet en deux heures et quart. C’est une vitesse de dix milles à l’heure, en remontant le courant que la crue des eaux à rendu assez fort. » 

Gilles Bachand

© Société d’histoire et de généalogie des Quatre Lieux

©Archives de la SHGQL

Le Notre-Dame sur la rivière Yamaska



© 2013 Tous droits réservés. Société d'histoire et de généalogie des Quatre Lieux.